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Coachs, un petit rappel de la 2ème compétence d'ICF ?

 
Notre voyage de l’interculturel sur les 11 compétences nous amène à la compétence n° 2 qui est définie par l’ICF de la manière suivante :  

 

« Le coach est sensé de comprendre et discuter efficacement avec le client des lignes directrices et des paramètres spécifiques de la relation de coaching ». 

La première partie de cette compétence consiste à comprendre et discuter efficacement avec le client des directives et des paramètres propres à la relation de coaching (logistique, honoraires, planning, intervention d'autres personnes, le cas échéant).  

 

Nous parlons donc de la relation contractuelle entre le coach et le coaché. Le dictionnaire Larousse définit le mot « contrat » comme suit : 

 

« Convention, accord de volontés ayant pour but d'engendrer une obligation d'une ou de plusieurs personnes envers une ou plusieurs autres. (Quatre conditions sont nécessaires pour la validité du contrat : le consentement des parties, la capacité de contracter, un objet certain, une cause licite.) »

 

Cependant, est-ce que nous avons tous la même interprétation et la même notion de ce qu’est un contrat ? Est-ce que des personnes de différentes cultures vont faire attention aux mêmes éléments dans une relation contractuelle ? Comment une relation contractuelle peut-elle être comprise en Chine, par exemple ? Un DRH français expatrié nous explique que :

 

« La notion de contrat peut beaucoup varier. Le contrat occidental est relatif à la notionde vrai et de faux. Le contrat écrit est donc souvent la norme. Le contrat en Chine est relatif à la relation établie, ainsi qu’à l’« ici et maintenant ». Nous sommes d’accord maintenant dans l’état de l’environnement et de nos relations. Si l’environnement change ou si nos relations changent, le contrat est modifié. Il n’y a donc pas forcément lieu de le formaliser. Le formaliser ne signifie pas qu’il sera respecté. »

 

Le contrat est-il différent suivant la culture ?

 

Sur le plan culturel, nous pouvons expliquer différentes approches de la vision que divers  groupes de personnes ou cultures donnent à un contrat et comment certaines dimensions culturelles peuvent influencer une relation contractuelle. 

Dans son livre « L’intelligence interculturelle », Michel Sauquet nous aide à comprendre ces différentes visions. 

Pour certains, un contrat est un moyen de garantir la fluidité dans la relation et de se protéger contre l’incertain dans l’évolution d’une collaboration, permettant ainsi de construire progressivement la confiance. Nous dirons qu’il s’agit là de la « vision A ».

Une deuxième vision est celle d’un contrat entendu comme une simple directive de départ, établie, si possible, de manière suffisamment vague pour permettre de faire évoluer la relation, en misant sur la confiance comme base pour des adaptations ou modifications ultérieures. Nous l’appellerons « vision B ».  

  

Un coach qui souhaite formaliser un contrat « vision A » avec son client devra poser avec précision le cadre de la relation. Il détaillera les jours, les horaires et la périodicité des séances, ainsi que les conséquences si ces accords ne sont pas respectés par le client. Il établira au plus précis, par exemple, un système de facturation pour la séance de coaching, les conséquences si celle-ci est annulée à la dernière minute (indépendamment de la raison de l'annulation) ou, dans le cas de retard du client, le respect de l’horaire accordé à l’avance.

Ce mode d’action établit une relation de confiance en posant un cadre qui vise à configurer des bases claires avec le client.   

 

Un coach avec une « Vision B » du contrat sera plus à l’aise avec les changements et les imprévus et centrera sa relation avec son client sur d’autres aspects.

 

Ces deux visions du contrat peuvent s’intégrer avec les dimensions culturelles, en particulier, avec la notion de temps que différentes cultures attribuent à ses relations avec les personnes, les choses et les événements. D’après Fons Trompenaars et Charles Hampden-Turner, nous pouvons faire la distinction entre le temps séquentielet le temps synchrone.

 

Dans le temps séquentiel les actions se succèdent en séquences, les unes après les autres. Le temps est un élément rare et ne peut ni ne doit être perdu. Les personnes aiment ainsi les événements qui se déroulent dans l'ordre et de façon structurée. Ils donnent une grande valeur à la ponctualité et à la planification et restent fidèles aux plans établis et précis dans les échéances. Tous ces éléments sont ceux qui aident à contrôler le temps. Dans ce type de cultures, les personnes n'apprécient pas, par exemple, que les horaires ne soient pas respectés. Cette vision séquentielle se lie très bien avec un contrat « vision A » qui le perçoit comme une manière d’établir une relation fluide.

Dans le cas d’une vision synchrone, le temps est en abondance et entrelacé entre passé, présent et futur. Souvent, plusieurs projets sont entamés à la fois, et les plans et les engagements sont considérés flexibles et adaptables aux circonstances ou au contexte. Les priorités peuvent changer facilement et la personne doit être prête à s’adapter aussi. Dans ce type de vision, par exemple, le concept de ponctualité peut être considéré comme une règle de courtoisie, et non pas comme une valeur en soi. Cette approche est plus proche d’une « vision B » du contrat, dans laquelle celui-ci est une directive de départ.

 

Dès lors nous avons différents types de vision de contrat et de notion de temps qui peuvent influencer la relation entre le coach et le coaché dans cette compétence. Bien entendu, entre ces deux extrêmes il existe beaucoup de possibilités et le défi reste pour le coach de comprendre et de s’adapter à la façon dont le coaché perçoit la relation contractuelle. 

Sommes-nous capables d’adapter notre relation contractuelle, qui aide à établir les fondations de la relation de coaching, à la vision de notre coaché ? Voilà la question que devra se poser le coach.

 

 

 

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