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Coachs, connaissez-vous la première compétence ICF ?

Comme vous le savez, les 11 compétences de coaching ont été développées par ICF afin d’assurer une meilleure compréhension des habiletés et des approches employées aujourd’hui par les professionnels du coaching.


Le premier groupe de compétences (Groupe A : Établir les fondations) porte sur la manière de créer l’alliance entre le coach et le coaché en fondant cette alliance sur des bases claires et solides. Ce groupe présente deux compétences : la première porte sur la déontologie et la deuxième sur le contrat de coaching.

 

Compétence 1. Déontologie

Respecter les directives éthiques et les normes professionnelles - Comprendre la charte déontologique et les standards de coaching et être en mesure de les appliquer correctement dans toutes les situations de coaching :

- a. Comprendre et appliquer soi-même les règles standard de conduite de l'ICF (voir liste, partie III de la charte de déontologie de l'ICF)

- b. Comprendre et respecter toutes les directives éthiques de l'ICF (voir liste)

- c. Signifier clairement les différences entre coaching, consulting, psychothérapie et les autres professions de soutien et d'accompagnement. Diriger le client vers un autre professionnel de soutien, le cas échéant (savoir déterminer quand cela est nécessaire et les ressources disponibles).

 

Dans le descriptif de cette première compétence nous pouvons regrouper les idées en deux volets :  
- Le premier volet –standard de conduite- correspond aux points a) et b) et vise les normes de déontologie ; 

- Le deuxième volet –points c) et d)- porte sur la différentiation du coaching d’autres modalités d’accompagnement.


Nous  porterons l’attention dans ce texte sur le premier volet : 

Standard de conduite

 

Les points a) et b) du descriptif nous mènent à nous poser certaines questions comme celles qui suivent :
Qu’est-ce que le mot « éthique » veut dire ?
Comment faisons nous visible le fait d’être soumis à ces normes déontologiques ?
Comment interprétons-nous les règles ?

 

La question de l’éthique par un exemple de situation interculturelle

Il y a quelques années, une entreprise brésilienne et une entreprise japonaise qui produisaient des pièces détachées pour automobiles voulaient établir un partenariat. Tout s'est bien déroulé, la diligence raisonnable[1] avait été acceptée et approuvée par les deux parties et il ne manquait que quelques détails pour la signature de l’accord final. Pourtant, subitement, les Japonais ont arrêté les conversations, sous le regard incrédule des Brésiliens. Que s’était-il donc passé ? L'équipe japonaise avait reçu un rapport sur les états financiers de la société brésilienne qui soulignait en première page qu'il s’agissait d’une société « sérieuse et fiable » qui respectait ses engagements et veillait à l'intégrité de ses dirigeants et travailleurs. Pour les Brésiliens, ces déclarations dans leurs états financiers contribuaient à briser les stéréotypes selon lesquels les Latino-américains ne sont pas assez sérieux pour travailler et faire des affaires. En lisant ces déclarations, les Japonais avaient l'impression que l'entreprise à laquelle ils s'associaient ne devait pas être sérieuse, parce que sinon, pourquoi devaient-ils le souligner dans une déclaration comme celle-ci ? Aux yeux des Japonais l’honorabilité des gens et des sociétés est un élément de base inhérent aux personnes et organisations et le fait de le signaler ouvertement pouvait montrer justement le contraire. Est-il nécessaire de faire référence aux normes éthiques ? Quelle est la valeur d’une déclaration d’adhésion à un code de déontologie ?S’il faut écrire que nous sommes honnêtes, c’est sûrement parce que quelque chose ne vas pas ! C’était cette vision du monde qu’il fallait aborder pour comprendre la situation.Passons au détail de certaines considérations sur l’éthique et la culture.

 

Ces règles éthiques se placent au fond de l’iceberg culturel[2]. Cette métaphore pour expliquer la culture nous permet de considérer les aspects visibles et non visibles d’un groupe culturel, en remarquant que la partie cachée ou submergée de l’iceberg reste la plus grande.

 

 source : https://wikiagile.cesi.fr

 

Voici notre premier constat : le fait d’avoir un Code de Déontologie n’implique pas le manque d’une discussion sur l’interprétation des normes.

De plus, comme tout concept qui mérite une interprétation, l’interprétation des normes éthiques sera influencée par la façon dont la personne perçoit le monde en fonction de ses valeurs sous-jacentes au fond de l’iceberg.  

Nous partons de ces constats et nous sommes conscientesqu’une interprétation est toujours nécessaire, bien qu’elle soit forcément influencée par notre vision du monde.

 

Par exemple, nous pouvons nous attendre à ce qu'un accord de déontologie dans une relation de coaching, formulé avec les valeurs occidentales ou avec une interprétation d’une culture dominante, n'entre pas nécessairement dans les canons éthiques d'une personne d’une culture orientale. 

 

Alors, comment se passe la relation de coaching dans cette partie de la compétence ?

 

Il faut noter que le code d'éthique de l'ICF est conçu pour être respecté et suivi par le coach et non par le coaché. Cet assujettissement aux normes éthiques du coach a aussi cette couleur occidentale du coaching .

Le coach s’engagera à respecter ce code selon sa perception occidentale de la profession. Au moment de présenter le Code au coaché il nous semble important que le coach garde en tête que l’intérêt sous-jacent des normes éthiques est de créer un environnement sécuritaire. Cette information doit arriver au coaché de manière culturellement compréhensible pour lui, ce qui n’entraine pas forcément, par exemple, une transcription complète du code dans le contrat. L’idée de sécurité doit être adaptée à la culture du client. Le coach doit faire attention pour ne pas créer l’effet contraire, par exemple d’insister sur l’information sur l’éthique à tel point que la confiance du client sur le professionnalisme du coach, au lieu d’être consolidée, peut être lésée.

 

Un aspect remarquable de cette question, surtout lorsque la relation est établie avec des cultures qui peuvent avoir une vision très différente de l'éthique, est d’en parler avec le client et d’établir d’un commun accord les actions qui seront considérées éthiques dans cette relation et celles qui ne le seront pas[3].

 

 

[1] Due-delligence est une procédure de révision de différents aspects de l’entreprise pour voir que tout est en conformité, il se fait avant un joint-venture , fusion ou ouverture à la bourse

 

[2]Edward T. Hall

 

[3]Le moment est arrivé de faire attention à une possible objection que les interculturalistes ont très souvent. Ne serait-il pas hypocrite d’adapter au cas par cas ? Est-ce que cette adaptation culturelle est elle-même éthique ? La réponse plus simple et plus efficace à notre avis, nous la trouvons chez Milton Bennett qui dans son DMIS préconise la capacité de « code shifting ». De la même manière qu'un enfant ne communique pas de la même manière ni est soumis aux mêmes règles de comportement quand il parle à sa grand-mère, sa maîtresse ou son meilleur ami, nous adultes devons nous adapter au contexte. Dans la vie adulte ces contextes s’élargissent et se complexifient. L’authenticité '"et l’éthique ont des marges d’interprétations soumises bien entendu aux valeurs et croyances qui nous accompagnent. Le code de déontologie peut être un phare des valeurs et la manière de les communiquer est adaptable.

 

Cette vision repose sur le Code de déontologie de l’ICF lui-même. En effet, dans son article 20, il relève l’importance du besoin de tenir compte de la culture. Ainsi, le coach doit :

20) Etre conscient de ma responsabilité́ et fixer des limites claires, appropriées et adaptées à leur culture, concernant les interactions physiques ou virtuelles que je peux avoir avec mes clients ou leurs commanditaires. 

Le rapport éthique à la culture du coaché est donc bien énoncé dans le Code de Déontologie lui-même. 

 

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