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5 clés pour développer votre communication non verbale et réussir vos projets interculturels

February 7, 2018

 

Mener des projets à l’international (Expatriation, management de la diversité, négociation de contrats avec des interlocuteurs étrangers …) demande une prise en considération aigüe des enjeux interculturels. Comment réagir quand l’autre ne parle pas la même langue et ne partage pas les mêmes codes culturels que vous ? Nos croyances de base véhiculent l’idée que parler la langue d’autrui est suffisant. Or, optimiser la communication non verbale s’avère bien plus important. En effet, depuis les années 1960, Albert MEHRABIAN, Professeur de l’Université de Californie, a émis l’hypothèse que 7% de l’efficacité de la communication passait par le langage (le verbe, le sens du mot), 38% par le paraverbal (débit, intonation de la voix, etc.) et 55% par le visuel ou non verbal. Le chiffre-choc est donc la répartition d’efficacité de la communication verbale pour 7% contre 93% pour le non verbal (le paraverbal étant considéré comme du non verbal) ! Cela voudrait-il dire que le sens importe peu face à la forme alors qu’on a tendance à penser que le fond est beaucoup plus important que la forme ? La réalité est plus complexe que cela. On ne saurait remettre en doute la valeur d’un langage développé, travaillé, composé de différents niveaux de sens, d’expression et de compréhension. Par contre, il est intéressant de prendre connaissance de quelques fondamentaux et d’expériences vécues qui permettent à un niveau basique d’échanges de ne pas s’encombrer de trop de théorie.

Voici 5 clés reposant à la fois sur des expériences personnelles et des outils coaching pour vous reconnecter à l’essentiel de la communication !

 

1. L’énergie des mots est plus puissante que le langage.

 

Une première question essentielle à se poser : Le langage, finalement, qu’est-ce que c’est ? L’être humain est avant tout un être de communication, conditionné pour émettre et recevoir des messages perceptibles ou non, nous reliant ainsi à ce que nous appelons « le ressenti » ou « l’intuition ». Avant même de transmettre des mots, nous sommes avant tout un canal d’énergie. En effet, nos gestes, nos regards, notre posture sont des vecteurs visibles de l’énergie que nous diffusons. Nous sommes par conséquent conditionnés pour émettre notre propre énergie et recevoir celle de l’autre au-delà des mots ! Ce que l’on appelle aujourd’hui le paraverbal et qu’on limite à de l’intonation, au débit ou à la forme du langage contient très certainement aussi le sens de l’énergie que l’on met dans nos paroles. L’énergie et donc l’intention.

 

Prenons comme exemple simple et concret le « Bonjour » que l’on exprime et reçoit dans la vie de tous les jours. Le sens est là, mais revêt des intentions multiples. Il peut être prononcé spontanément et automatiquement en guise de politesse à l’instar d’autres formules de politesse comme « cordialement », « merci » ou au contraire véhiculer la bienveillance, le respect, la gentillesse, la joie, la sincérité, la générosité, l’ouverture… Nous percevons d’ailleurs les signes d’une communication réduite à des codes ou au contraire vectrice d’une intention.

 J’ai pu le vérifier lors de mon séjour à Salvador de Bahia, au Brésil ou dans la région Caraïbe de la Colombie, à Santa Marta. Les relations y sont moins attachées à la forme qu’à l’énergie du verbe. Là-bas, difficile de feindre votre intention, vous êtes tout de suite démasqué. Inutile d’être poli si vous n’êtes pas sincère. Ainsi, si l’on prend l’opportunité de cet état de fait, on peut tout à fait communiquer avec la simple intention, énergie, sincérité, au moins à un niveau basique de relations.

 

Un autre exemple saisissant : En 2009, je suis arrivé au Brésil ne parlant presque pas un mot de portugais. J’avais pris quelques cours en Argentine où je résidais : 20 heures au total, un peu de vocabulaire, de la culture et de la grammaire. J’ai tenté de me servir du sens des mots, parfois en me servant d’antisèches de vocabulaire. J’y mettais le sens, pas la forme. Je ne maitrisais évidemment pas l’accent brésilien. Je me suis surpris à faire des efforts énormes pour me faire comprendre alors que le sens était bon. Et puis au bout de deux semaines, j’en ai eu assez. Comme par erreur, je rentrai dans un cybercafé et saluai non pas avec le sens de ce que je connaissais, mais seulement avec la forme. J’ai imité le son que les autres faisaient en entrant, sans connaître le sens. Cela a fonctionné. Naturellement, les gens m’ont salué, avec énergie. J’ai réitéré l’expérience, oubliant ce que j’avais appris, le sens. J’ai même tenté de dire n’importe quoi avec le bon accent. À ma grande surprise, cela fonctionnait. Bien entendu sur des niveaux très simples d’échanges ; niveaux simples, mais primordiaux et essentiels à un premier contact réussi.

 

Après 2 mois sur place, je parlais suffisamment bien pour converser tranquillement et commencer à rentrer dans la complexité de la langue portugaise. Le premier livre que j’ai acheté à Rio pour cela fut A Republica de Platão (La République de Platon) dans une librairie du centre-ville.

 Lorsque vous évoluez dans un contexte interculturel, soyez donc d’une part sensible aux sonorités que vous entendez, l’objectif n’est pas de connaître tous les mots, mais d’être connecté à l’énergie des mots que vous percevez ; d’autre part, soyez attentif à l’intention que vous mettez derrière les mots.

 

2. Développez vos talents d’observateurs et adaptez-vous à votre interlocuteur.

 

Observer son interlocuteur est encore plus nécessaire lorsqu’il n’est pas de la même culture que vous. En effet, apprenez à observer les gestes, l’attitude, la posture de votre interlocuteur. Est-il plutôt calme ? Énergique ? Dynamique ? Et vous ? Comment êtes-vous habituellement ? Si vous êtes très énergique de nature et très expressif avec de nombreux gestes alors que votre interlocuteur est au contraire très calme et effectue peu de gestes, il conviendra de trouver le bon dosage pour ne pas « choquer » votre interlocuteur. Il ne s’agit en aucun cas de le mimer, mais de vous brancher un minimum sur le canal de l’autre si vous voulez entrer en relation, car observer l’autre et s’adapter est déjà un grand pas vers une communication harmonieuse.

 

3. Développez un regard bienveillant et sans jugement.

 

La puissance du regard dépasse les mots eux-mêmes. Dès votre première prise de contact avec votre interlocuteur étranger, regardez-le avec bienveillance et SANS jugement. Un grand nombre d’informations passe par le regard. N’ayez donc pas un regard fuyant. Pour cela, portez en amont un regard bienveillant et sans jugement sur vous-même. Le regard que vous renvoie l’autre est en réalité le miroir du regard que vous portez sur vous-même. Plus vous développerez l’estime de vous, plus vous mettrez votre égo de côté et plus vous serez réceptif aux autres, sans chercher à interpréter et décortiquer ce que l’autre a voulu vous dire.

 

4. Cultivez votre sourire intérieur

 

Votre état interne rejaillit sur le monde extérieur. Si vous êtes fermé, négatif, impatient, vous vous heurterez à une communication fermée, négative et sans succès. Si au contraire, vous êtes ouvert, positif et posé, vous avez beaucoup plus de chance d’avoir une communication de qualité avec l’autre, même si vous ne parlez pas la même langue ! Un conseil : Lorsque vous vous exprimez, gardez toujours les épaules ouvertes et soyez autant que possible souriant !

 

5. Dépassez vos croyances et acceptez que l'autre n’a pas la même vision du monde. 

 

Ce dernier point est fondamental. Dans les échanges interculturels, le grand risque est de calquer sa propre culture sur l’autre et d’attendre que votre interlocuteur s’adapte totalement à vous. Or, c’est justement en acceptant que l’autre n’a pas la même vision du monde que vous entrez en relation avec l’autre. Vous pouvez être « dérouté » par des codes culturels très éloignés des vôtres, ne pas partager le même point de vue, mais ACCEPTER. Accepter ne veut pas dire adhérer, mais être ouvert à une autre façon de vivre, de penser, de communiquer. Votre interlocuteur sondera tout de suite votre seuil d’acceptation.

 

Je prends un exemple personnel : en 2010, j’ai voyagé à moto pendant plusieurs mois dans les pays du bassin méditerranéen comme la Turquie, la Syrie, la Jordanie, le Liban, Israël, l’Égypte. Je dormais dehors, voyageais seul et ne parlais pas un mot de turque ni d’arabe, ni d’hébreu. Mes besoins étaient basiques et fondamentaux : manger, boire, dormir, me socialiser. J’ai pu néanmoins communiquer sans problèmes avec les personnes que j’ai rencontrées et échanger sur un niveau de langage peu complexe). D’autres voyageurs n’y parvenaient pas. À mon sens, la différence réside dans l’intention et l’ouverture. S’ouvrir à la vision de l’autre, c’est ouvrir une porte magique d’échange et de communication. L’autre ressent cela, il « voit » la porte ouverte ou fermée. Nos codes culturels ne sont que la partie émergée de l’iceberg, l’essentiel est d’aller voir en dessous de l’iceberg, car dans le fond, nous sommes tous unis par les mêmes fondamentaux et connectés à une énergie universelle.

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